Demandeurs d’emploi, accédez à un nouveau métier en 3 étapes


J’ai déjà abordé à plusieurs reprises dans ce blog, le sujet délicat de votre employabilité, cet écart entre vos compétences opérationnelles et le besoin des employeurs, c’est à dire du marché de l’emploi.

Je vous ai alerté sur le fait que vos compétences peuvent, progressivement, s’éloigner du marché de l’emploi, même en étant salarié. J’ai évoqué ces personnes qui se retrouvent sans emploi avec des qualifications insuffisantes voire obsolètes.

Et vous de votre côté savez-vous où vous en êtes  ?  

Dans tous les cas, souvenez-vous que rien n’est jamais perdu, jamais !

Alors envie de changer de job ? 

S’il vaut mieux préparer votre projet professionnel en étant en activité, ce n’est pas toujours aussi simple. Et au risque d’en choquer quelques-uns, perdre son emploi peut être une véritable opportunité, à condition de s’organiser rapidement.

Cet article s’adresse surtout à ceux qui sont inscrits comme demandeurs d’emploi et qui ont envie de se donner les moyens de s’engager dans un nouveau métier ou pour ceux qui souhaitent plus simplement mettre à jour leurs compétences.

Ce que je vous propose ici n’est qu’un exemple de parcours, il existe de nombreuses possibilités souvent méconnues.

Faire le point

Etape  1 : Commencez par faire le point

Commencez par faire un bilan de ce que vous savez faire et mettez en perspective vos savoirs, vos envies et les besoins réels des recruteurs.

C’est le moment de valoriser votre expertise. Pour cela vérifiez que cette expertise soit recherchée par les employeurs.

Vérifiez de posséder toutes les compétences inhérentes à votre fonction aujourd’hui et dans le secteur d’activité concerné en faisant une rapide étude de votre marché de l’emploi.

Comment faire un bilan professionnel ?

  • Utilisez votre DIF (Droit Individuel à la Formation), celui que vous avez pris soin de demander à votre employeur avant de le quitter, et que vous pourrez faire valoir auprès de Pôle Emploi (grâce à ce que l’on appelle la portabilité du DIF) soit pour réaliser un bilan de compétences, soit pour accéder à une formation en fonction montant alloué.
  • Échangez avec un professionnel qui pourra vous orienter vers une prestation adaptée à votre situation. Comme par exemple une prestation d’accompagnement POPS (prestation d’Orientation Professionnelle Spécialisée), prestation prise en charge par pôle emploi, qui vous permettra de construire, selon vos ambitions et vos capacités, un projet de formation le plus adapté au marché de l’emploi. Ou encore une ECCP (Évaluation des Compétences et des Capacités Professionnelles) c’est une prestation d’évaluation qui vous permettra de valider vos compétences et de cerner vos points forts afin de cibler des métiers.

Trouver sa voie professionnelle

Etape  2 : Vérifiez la réalité du marché de l’emploi

Non ce n’est pas facile d’être à la recherche d’un emploi et ce n’est pas qu’une histoire de période… C’est un véritable job à part entière. 

Arrêtez le 20H et ses catastrophes, laissez de côté la crise et concentrez-vous sur votre avenir, passez à l’action, maintenant !

Un emploi c’est un peu comme un amoureux, pour la plupart des gens, un seul suffit à la fois, alors pourquoi pas vous ?

Pourquoi pas maintenant ? 

Plus vous attendez, plus vous vous éloignez de la réalité du marché et des employeurs… Le bon moment c’est maintenant.

N’attendez pas pour prendre conscience de la réalité de votre futur métier, de ses contraintes, de vos atouts, de vos freins et foncez !

Comment faire pour identifier les besoins des recruteurs ?

Informez-vous le plus en amont possible de ses besoins, en apportant des solutions, plutôt que des problèmes notamment aux employeurs les plus réticents.

Vous pouvez par exemple, réaliser une EMT (Evaluation en Milieu de Travail), c’est un stage en entreprise, de 2 fois 5 jours maximum, gratuit pour l’employeur, qui vous permet de découvrir un métier ou un secteur d’activité, de mettre à jour vos compétences dans un domaine particulier, de valider votre projet et de vous faire connaître par un employeur.

Cela permet également de rassurer un employeur avant un recrutement, avec un aménagement de cette prestation qui devient une EMTPR (Evaluation en Milieu de Travail Préalable au Recrutement) et qui permettra de vous tester en situation réelle et de vous faire tester par un recruteur pendant une durée de 40H maximum, durée pendant laquelle vous garderez le statut de demandeur d’emploi.

Cheklist

Etape 3 : Validez votre projet et formez-vous si besoin

Vous n’avez pas ou plus les qualifications nécessaires pour trouver un emploi, vous devez impérativement vous former, alors, commencez par le début : valider votre projet en privilégiant ce que disent les employeurs avant tout. 

En complétant vos premières investigations votre marché, enfin vérifiez que la formation identifiée est la plus adaptée à votre projet.

Ensuite il vous suffira de vérifier comment vous former pour développer votre employabilité, et pour cela de nombreuses solutions s’offrent à vous.

Prenons un exemple, celui d’un contrat de travail relativement récent et mal connu, le contrat de professionnalisation.

Depuis quelques temps, j’ai des questions récurrentes sur ce type de contrat et je m’aperçois que des informations erronées circulent aussi bien du côté des employeurs que du côté des futurs salariés, alors je vous propose de faire un rapide tour de la question.

Savez-vous que vous pouvez vous former en travaillant quel que soit votre âge ?

Vous êtes inscrit comme demandeur d’emploi, vous adorez votre métier, mais n’avez pas été formé depuis longtemps, vous ne connaissez pas les nouveaux outils utilisés dans votre secteur d’activité, vous avez besoin de refaire le point sur vos compétences ou il vous manque un diplôme, une habilitation, une spécialisation dans votre domaine…

Le contrat de professionnalisation peut vous aider, c’est un contrat de travail qui alterne périodes d’enseignements et périodes de travail en entreprise. Son objectif est de permettre l’insertion des jeunes et des adultes. Ce dispositif permet de suivre des formations qualifiantes et d’acquérir une qualification professionnelle correspondant au besoin du marché de l’emploi.

Le contrat de professionnalisation est différent du contrat d’apprentissage car ce dernier est plutôt destiné à des jeunes qui souhaitent poursuivre leurs études par la suite.

Non le contrat de professionnalisation n’est pas destiné qu’aux jeunes de moins de 26 ans !

Le contrat de professionnalisation concerne les jeunes de 16 à 25 ans révolus qui ont renoncé aux études traditionnelles ou qui souhaitent se spécialiser, les demandeurs d’emploi (sans limite d’âge) et les salariés en CDI dont la qualification est inadaptée.

Ce type de contrat permet d’obtenir un diplôme, un titre, un certificat professionnel… reconnue par l’État et/ou la branche professionnelle concernée. La formation pourra se faire soit avec un organisme de formation, soit par l’employeur lui-même selon certaines modalités.

Le public concerné :

  • Jeunes âgés de 16 à 25 ans
  • Demandeurs d’emploi âgés de 26 ans et plus
  • Bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ou de l’allocation aux adultes handicapés (AAH)
  • Personnes ayant bénéficié d’un contrat aidé

Durée du contrat de travail :

  •  6 et 12 mois et peut aller jusqu’à 24 mois pour les personnes sans qualification ou bénéficiaires du RSA, de l’ASS, de l’AAH ou sortant d’un contrat aidé.
  • Il peut aussi s’agir d’un contrat à durée indéterminée, à la condition que la durée de la professionnalisation ne dépasse pas les durées mentionnées précédemment

Code du travail : articles L. 6325-1 à L. 6325-24, L. 6314-1, D. 6325-1 à D. 6325-28.

La rémunération :

Le montant varie en fonction de l’âge du bénéficiaire et de son niveau de formation initiale.

Les employeurs  concernés :

Tout employeur du secteur marchand assujetti au financement de la formation professionnelle.

Le financement pour les employeurs :

La formation et les actions d’évaluation et d’accompagnement sont financées par les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) sur la base de forfaits horaires définis par accord de branche. Des forfaits spécifiques peuvent être fixés pour les publics définis comme prioritaires. Peuvent être prises en charge les dépenses liées au tutorat.

Employeurs, vous devez dans les cinq jours suivant la conclusion du contrat envoyer le contrat de professionnalisation à l’OPCA.

L’organisme aura 20 jours pour prendre une décision de prise en charge financière de la formation et rendre un avis sur la conformité du contrat. A défaut de réponse dans ce délai, l’OPCA prend en charge le contrat de professionnalisation. Après avis de conformité et confirmation de prise en charge des dépenses de formation, l’OPCA dépose le contrat auprès de l’Unité territoriale de la DIRECCTE (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi).

Les employeurs de salariés en contrat de professionnalisation peuvent bénéficier, selon les cas, d’un certain nombre d’aides financières complémentaires, renseignez-vous auprès des organismes d’état concernés.

Comment trouver votre contrat de professionnalisation

Le contrat de professionnalisation est une démarche de longue haleine et nécessite comme n’importe quel autre emploi une recherche ciblée et méthodique : recueil d’informations, l’orientation, recherche d’un employeur, recherche d’un centre de formation…

N’allez pas vers ce type de contrat avant d’avoir validé votre orientation en fonction de vos motivations, de vos compétences et du marché de l’emploi.

Les cabinets conseils ou les organismes accompagnateurs ne sont pas des distributeurs automatiques de contrats de travail, cela n’existe pas !

Vous serez amené à faire vos recherches comme pour n’importe quel autre contrat de travail (vous trouverez des petites annonces qui notifieront ce type de contrat). Vous pourrez y répondre de façon classique avec CV, lettre de motivation et entretien de recrutement.

Les organismes de formation qui proposent ce type de contrat sont censés avant de poster une annonce ou encore vous faire une proposition de formation, être en contact avec des employeurs potentiels. N’hésitez pas à les solliciter, c’est leur job de prospecter et de vous aider !

Vous l’avez compris ce type de contrat fait partie de ce que l’on appelle des contrats aidés et sont destinés aux personnes éloignées du marché de l’emploi pour de multiples raisons et peuvent servir véritablement de tremplin vers l’emploi.

Vous voulez en savoir plus, je vous invite à visiter les sites :

Vous ne trouvez pas de petites annonces qui vous conviennent, comme je l’ai écrit dans d’autres articles, ce n’est peut-être pas la meilleure stratégie pour votre situation, discutez-en avec un professionnel.

Il vous reste toujours la possibilité de créer vous-même votre petite annonce.

Une autre solution possible qui peut s’avérer utile en attendant de trouver le job de vos rêves, et qui peut vous permettre de tester votre marché, vous faire connaître ou développer votre expertise, c’est vendre des prestations de type services à la personnes : cours particuliers, conseils, services… En vous informant et en vous faisant connaître sur des sites comme :

  • Jemepropose
  • Agence nationale du service à la personne

N’oubliez pas de déclarer vos revenus salariés lors de votre actualisation mensuelle, dans le cas contraire vous prenez le risque de devoir rembourser les sommes trop perçues voire d’être radié.

A retenir pour progresser dans vos projets 

D’une part, que vous soyez organisme de formation, candidat ou employeur, seul votre Pôle Emploi est habilité à décider de vous octroyer une aide ou pas, selon un ensemble de critères bien définis avec des particularités régionales. D’autre part, toutes ces informations sont susceptibles d’être modifiées selon de nouvelles mesures législatives, renseignez-vous auprès des instances compétentes dont vous avez les liens ci-dessus.


4 commentaires sur “Demandeurs d’emploi, accédez à un nouveau métier en 3 étapes

  • Joana@cable ethernet

    Salut,

    Ah la dure réalité de se confronter au marché de l’emploi ..
    C’est bien vrai, il faut prendre le temps de comprendre la dure réalité du marché de l’emploi, trouver les bonnes opportunités, celles qui correspondent à nos envies professionnelles.

    Très bon article en tout cas, qui remet les choses dans leur contexte. Il ne faut cependant pas perdre espoir, même s’il est parfois difficile de trouver un boulot, il faut rester positif et organiser ses recherches efficacement.

    Et surtout, bon courage à tous ceux qui cherchent du boulot !

    • Sandrine Auteur du billet

      Hello Joana,

      C’est bien vrai, il faut prendre le temps de comprendre la dure réalité du marché de l’emploi, trouver les bonnes opportunités, celles qui correspondent à nos envies professionnelles.

      C’est vrai que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais rien n’est inscrit dans le marbre et il existe tellement de solutions aujourd’hui, qu’il serait bien dommage de s’en priver 😉

      Et toi de ton côté progresses-tu comme tu le souhaites dans tes projets ?

      Merci de ton retour, c’est sympa de soutenir et de motiver les troupes 🙂

  • Formaltis

    Bonjour,
    Bel article très complet. Un bon moyen de conserver une bonne employabilité, c’est de se former le plus possible tout au long de sa carrière, en utilisant les dispositifs que vous citez plus haut. Il est même possible de demander un congé de formation professionnelle, alors même que l’on est employé, et ce congé peut atteindre une période jusqu’à 3 ans pour l’ensemble de sa carrière.

    • Sandrine Auteur du billet

      Bonjour,

      Effectivement, il existe également dispositifs pour se former en entreprise, chaque salarié peut se rapprocher de son service RH et/ou formation qui pourra l’orienter selon sa demande. Si vous êtes salarié et que vous avez un projet de formation, vous pouvez aussi rencontrer les organismes de formation qui sauront parfaitement répondre à vos questions concernant la prise en charge, connaître les sources de financement font partie de leur métier.

      N’oubliez pas de valider votre projet professionnel avant de valider vos besoins en formation, beaucoup font l’inverse et se rendent compte trop tard, que ce n’était finalement pas ce qu’ils souhaitaient.

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