Comment quitter son emploi pour suivre une formation ?


Laissez-moi vous présenter Léa qui recherche le moyen de faire financer sa formation professionnelle.

Léa a obtenu une licence en alternance, elle travaille au sein d’une petite entreprise qui sous-traite ses services auprès d’un grand groupe. Ce dernier prévoit prochainement un plan de licenciement qui impactera l’ensemble de l’activité de ses sous-traitants.

Léa s’ennuie et souhaiterait déménager et gagner en responsabilité pour travailler sur des projets plus intéressants. Elle s’inquiète de l’impact économique de cet important client et s’interroge sur ses motivations.

Après réflexion, Léa souhaiterait s’engager dans une formation pour acquérir un niveau bac + 5. Elle a sélectionné l’université qu’elle souhaiterait intégrer et a effectué une V.A.E. Elle a obtenu l’accord de l’université sélectionnée pour intégrer sa formation au niveau Master 1, puis un master 2 pour obtenir le diplôme visé.

En CDI, elle tentera d’obtenir une rupture conventionnelle qui lui sera refusée.

Nous sommes en mai, l’université a accepté sa candidature pour la rentrée de septembre, Léa cherche une solution rapide pour financer son projet professionnel.

Elle sait que si elle démissionne elle ne sera pas indemnisée et ne pourra ni se qualifier, ni vivre au quotidien, alors comment faire ?

Il existe de nombreuses solutions pour vous former tout au long de votre carrière professionnelle, des solutions gratuites ou payantes pour tous : salariés, demandeurs d’emploi, artisans, commerçants, professions libérales, artistes, autoentrepreneurs… Je ne peux pas toutes les évoquer ici, mais retenez que chaque projet doit être traité de manière individuelle, car nombre de paramètres personnels sont à prendre en considération pour finaliser un dossier pertinent.

 

Comment financer votre formation ?

 

A ce stade il est important de bien différencier le coût de la formation et les besoins financiers pour vivre au quotidien (rémunération ou indemnisation) durant votre période de formation.

Se former en entreprise

Le plan de formation

Léa est salariée d’une entreprise privée, si son objectif coïncidait avec celui de sa société, dans le cadre d’une promotion ou d’une mutation par exemple, elle pourrait faire une demande de prise en charge au titre du plan de formation annuel de son entreprise.

Avantages du plan de formation : prise en charge totale de la formation et des frais associés, préservation de l’intégralité de votre salaire. Correspondant à un besoin (un argumentaire s’impose) d’où pourrait découler une reconnaissance par l’entreprise.

Inconvénients du plan de formation : obtenir l’accord de l’entreprise, délais. Les formations acceptées sont souvent de courtes durées car votre absence ne doit pas perturber le fonctionnement de l’entreprise, comme pour un perfectionnement ou une remise à jour d’une habilitation par exemple. Votre projet doit coïncider avec les besoins de l’entreprise qui peuvent être, dans certains cas, éloignés du marché de l’emploi.

Renseignez-vous auprès de votre entreprise.

 

Le Compte Personnel de Formation (CPF)

Léa peut également faire une demande au titre du CPF (Compte Personnel de Formation instauré le 01/01/15 pour remplacer le DIF). C’est un dispositif destiné aux salariés d’entreprises privées ou aux  demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi. Il permet de cumuler 24H de droit à la formation par an, et ne pourra pas dépasser un total de 150H maximum.

Avantages du CPF : contrairement au DIF, vous n’avez plus besoin d’obtenir l’autorisation de votre entreprise pour sélectionner votre formation. Il est facilement mobilisable en poste ou en tant que demandeur d’emploi.

Inconvénients du CPF : le processus est récent donc encore mal compris, la formation sélectionnée doit faire partie d’une liste agréée, c’est-à-dire soumise à modifications régulières. Peu d’heures mobilisables.

Pour en savoir plus cliquez sur mon compte formation.

Ce financement même s’il est restreint peut vous permettre de venir compléter d’autres types de financements pour votre projet professionnel ou vous perfectionner. Par exemple, certaines universités vous demanderont  de justifier un niveau de langue avec un TOEIC, cet examen payant peut être pris en charge par le CPF (à ce jour).

Dans le cas de Léa ce dispositif n’est pas adapté car sa formation est longue, 2 années scolaires au minimum, mais reste un complément à ne pas négliger.

Le Congé Individuel de Formation (CIF)

Le CIF est un dispositif qui permet de prendre un congé apte à être rémunéré pour suivre la formation de son choix. La demande doit se faire pendant votre CDI (ou entre 2 CDD) il est souvent utile lors d’une reconversion professionnelle mais reste en priorité « réservé » aux personnes peu qualifiées.

Avantages du CIF : il permet de préparer une reconversion professionnelle ou d’accéder à un niveau supérieur de qualification. Votre contrat de travail est suspendu pendant la durée de la formation, vous pourrez retrouver « un poste similaire » au précédent tout en sachant que cette dernière n’a aucune obligation de reconnaître vos nouvelles qualifications.

Inconvénients du CIF : condition d’ancienneté, autorisation d’absence, procédure longue, montage de dossier simple en apparence cependant il doit répondre à des règles d’argumentations probantes, je vous invite à vous faire accompagner ou à le faire valider par un professionnel si besoin.

Pour en savoir plus cliquez ci  

Le congé sabbatique

Comme pour le CIF, le congé sabbatique suspend votre contrat de travail, et vous permettra de retrouver un poste « similaire » à celui que vous quittez pour vous former, pour tester un projet de création d’entreprise, vous refaire une santé, faire un tour du monde…

Avantages du congé sabbatique : retour à l’emploi garanti si votre projet n’aboutit pas. Absence longue durée autorisée.

Inconvénients du congé sabbatique : conditions d’ancienneté, durée limitée, aucun revenu, aucun droit ou aides liées au statut de demandeur d’emploi pour créer votre entreprise par exemple.

Pour en savoir plus cliquez ici

Aucun de ces dispositifs de financement ne convient à votre projet de formation, il ne vous reste plus qu’à démissionner…

Saviez-vous que démissionner peut vous permettre de bénéficier de solutions intéressantes à votre recherche de financement ?

Se former après avoir démissionner

Le départ volontaire

Sans entrer dans le détail de l’ensemble des dispositifs liés aux licenciements économiques, sachez que si votre entreprise est en difficulté et qu’elle prévoit prochainement un plan de licenciement collectif, elle pourra vous proposer de vous porter volontaire pour être licencié en priorité. Ce qui représente pour votre projet de formation de nombreux avantages à ne pas négliger.

Votre projet peut-il attendre ? La patience peut être la meilleure des solutions pour tous.

La rupture conventionnelle

Léa comme beaucoup d’autres a tenté cette action sans succès. En effet, lorsque vous êtes porté par l’enthousiasme de votre projet professionnel, vous pourriez avoir tendance à oublier qu’il s’agit d’une négociation qui doit impérativement se préparer.

Imaginez-vous un instant à la place de votre patron. Votre salarié vient vous annoncer qu’il a déjà fait toutes les démarches nécessaires pour entrer dans la formation de ses rêves d’ici 2 mois, sans rien vous proposer en échange des ennuis que votre départ va entraîner.

Votre responsable va limiter la casse tout en sachant qu’il n’aura pas longtemps à attendre pour que vous démissionniez, ce qui lui permettra d’économiser du temps et des frais. Au final, l’entreprise n’aura aucun intérêt à vous accorder cette rupture conventionnelle.

Avantages de la rupture conventionnelle : rupture sécurisée, procédure rapide, d’un commun accord (obligatoire : personne ne peut vous obliger à l’accepter, consulter l’inspection du travail si besoin), indemnités de rupture, bénéfice des allocations chômages selon les conditions en vigueur. Pas de préavis.

Inconvénients de la rupture conventionnelle : peu connu, notamment des petites entreprises qui devront en assumer le coût. Difficulté à négocier des indemnités de départ, moins avantageux qu’un licenciement.

La démission

La démission est réservée aux CDI et dans de rares cas aux CDD.

Il existe différents motifs de démissions, celles dites « légitimes » qui vous donneront droit à l’assurance chômage selon les conditions en vigueur et celles qui s’y opposent (même si au bout d’un certain temps et à l’appui de justificatifs, vous pourriez être susceptible d’être indemnisé, au regard de mon expérience, c’est un risque à éviter).

Avantages de la démission : pas besoin d’en expliquer les motifs à l’employeur, un courrier AR précisant la date de départ suffit. Cependant je vous invite à penser à l’avenir, à penser réseau et à rester en bons termes, une formation n’est pas un «sésame absolu» de retour à l’emploi et vos responsables eux aussi changent d’entreprises.

Inconvénients de la démission : préavis (difficilement négociable), pas d’allocation chômage (sauf démissions légitimes, à ce jour), pas d’indemnités de départ. Conditions restrictives particulières à respecter le cas échéant (vérifier votre contrat de travail).

Beaucoup d’informations erronées circulent autour de la démission, alors rappelez-vous que :

Non, l'abandon de poste n'est pas une démission

L’abandon de poste n’est pas une démission, si votre employeur ne fait pas les démarches nécessaires pour vous licencier pour faute, votre contrat de travail reste suspendu, tout comme votre rémunération, et dans ce cas vous ne pourrez pas prétendre à l’assurance chômage. Vous perdez vos indemnités de départ et vous vous privez d’une carte de visite qui pourra être intéressante pour la suite.

Cependant vous pouvez démissionner pendant la suspension de votre contrat de travail (par exemple pendant votre arrêt maladie, congé sabbatique…).

Il existe aussi ce que l’on appelle des ruptures atypiques du contrat de travail liées à des difficultés particulières :

Pour en savoir plus : cliquez ici

Le contrat de professionnalisation

Le contrat de professionnalisation est une possibilité de faire une alternance (entreprise/organisme de formation) sans condition d’âge, contrairement au contrat d’apprentissage.

Avantages du contrat de professionnalisation : CDD (de 6 à 12 mois) ou CDI, à temps plein ou à temps partiel qui permet au salarié de suivre une formation qualifiante (prise en charge par l’employeur) et d’acquérir une expérience (rémunérée), un plus pour votre CV.

Inconvénients du contrat de professionnalisation : plus indiqué en cas de reconversion professionnelle, sur des formations techniques, peu indiqué sur des cursus universitaires plus classiques, rémunération minimale.

Pour en savoir plus cliquez sur le site du gouvernement.  

A retenir si vous voulez bouger votre job

  1. Valider votre projet professionnel : c’est l’occasion de vérifier vos motivations et de les confronter au marché de l’emploi et de ses tendances selon la durée de votre formation (dans le cas de Léa plus de 2 ans).
  2. Vérifier les raisons qui vous poussent à entrer en formation : ne souhaitez-vous pas simplement quitter l’entreprise, son environnement… pour des raisons de stress, d’ennui, de management, de perspectives… Est- ce que la formation est bien la solution à votre problème d’emploi actuel ?
  3. Valider l’adéquation de la formation à votre projet professionnel et pas l’inverse, et n’oubliez pas que cette validation ne dépend en grande partie de paramètres personnels qui seront forcément différents de ceux votre voisin, cousin, collègue… c’est essentiel.
  4. Vérifier la réputation (auprès des décideurs) et la bonne santé de l’organisme de formation choisi.

La formation est un des nombreux outils au service de votre projet professionnel, et non l’inverse, je rencontre beaucoup trop souvent des personnes déçues et désemparées de ne pas trouver d’emploi après leur formation, faute de préparation et de projet professionnel identifié au préalable et de ce fait d’argumentation percutante.

Une formation n’est pas un choix anodin, c’est un investissement important et souvent une vraie remise en question. N’oubliez pas que lorsque vous souhaiterez la faire valoir, l’entreprise attendra que vous fassiez vos preuves quel que soit votre âge et votre expérience précédente.

Enfin, si vous faites une formation et que vous n’utilisez pas rapidement ces nouveaux savoirs, ils seront considérés par vos futurs employeurs comme obsolètes.

J’aurai encore beaucoup de choses à vous dire sur ce sujet et j’espère que cela pourra vous aider. Si vous pensez que ce billet peut être utile à d’autres, n’hésitez pas à le partager.

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