2012 la fin d’un monde : peur et engagement


Plus une minute à perdre, les mayas nous ont prévenus, le compte à rebours a commencé… encore… 😉

Il est peut-être temps d’en finir avec ces peurs insidieuses qui bloquent vos projets professionnels.

Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté, j’aime cette période de l’année où je me retrouve devant un agenda tout neuf. Je suis à la fois déroutée par cette subjective notion du temps, cette denrée si précieuse, qui semble s’écouler de plus en plus vite… et à la fois ravie de faire le point sur  l’expérience de l’année passée pour ajuster ou construire de nouveaux projets.

Si vous êtes sur ce blog aujourd’hui,  c’est peut-être que vous souhaitez changer de fonction, d’emploi, de société voire même de métier ? Et peut-être que ce désir vous semble inaccessible ?

Dans l’article « Dans un an, je ne serai plus là… » Je vous ai proposé de noter une date précise dans le but d’initier votre projet professionnel, pour enfin transformer votre désir en objectif.

Je ne vous ai pas tout dit…

Ecrire une date sur un simple morceau de papier, n’est pas un acte si anodin qu’il y parait, car il implique un engagement vis-à-vis de soi-même que je vous invite dès à présent à partager publiquement pour le renforcer.

Dites-le à vos proches, et aux personnes de confiance qui vous entourent. Le chemin va être long, vous aurez besoin de leur soutien, et vous vous rendrez compte à quel point ils pourront vous aider par la suite.

Vous avez déjà annoncé à votre entourage précisément que vous alliez tout mettre en place pour changer de travail en précisant le délai fixé ? Bravo ! Vous venez de passer le premier obstacle qui vous permettra de mieux vivre votre emploi demain 🙂

S’engager un terme exagéré ?

Pourtant, cette première décision vous mettra devant un fait incontournable, celui de confronter vos désirs à vos peurs.

L’engagement est une promesse voire l’obligation de maintenir une ligne de conduite vis à vis de soi-même d’abord mais aussi vis à vis du regard de l’autre.

S’engager, c’est la capacité à être sûr de sa décision et à assumer les conséquences qui en découleront.

S’engager c’est se remettre en question sans cesse en apprenant de ses échecs, c’est aussi perdre ses repères, prendre le risque d’échouer, de décevoir ou d’assumer sa réussite.

Ce n’est pas juste une question de volonté !

Cette remise en question est associée à nos ressentis et ce sont nos émotions au final qui guideront nos choix.  Vous aurez beau faire des listes pour peser le pour et le contre de votre décision, même si cela peut être utile, cela ne suffira pas.

En simplifiant à l’extrême, quand une situation ne vous convient plus, vous vous mettez en quête soit de retrouver une sensation de bien-être intérieur (notion de plaisir), soit d’éviter un mal-être insupportable (notion de douleur).

Quand vous dites régulièrement, « j’en ai assez, je veux tout changer » et que vous n’arrivez pas à passer ce premier cap pour agir. Une des raisons possibles, peut être liée à cette difficulté à prendre un engagement et à vous confronter à vos peurs.

Prendre une action dans ces conditions sera alors encore plus pénible que de subir une situation certes douloureuse mais qui vous semble supportable car étant connue, elle est supposée maîtrisée. C’est alors que les décisions sont remises à plus tard, voire définitivement abandonnées… La peur de « perdre » est plus intense que le désir de « gagner », jusqu’au moment où la douleur sera si vive que votre motivation, décuplée, vous permettra de modifier ce qui ne vous convient plus.

Aucune inquiétude à avoir par rapport à ce cheminement naturel qui aboutira au final au changement souhaité quelqu’en soit le domaine. N’hésitez pas à vous faire aider si nécessaire.

5 attitudes fréquentes de peurs inconscientes

La peur de s’engager vers un changement qui va bouleverser votre quotidien se manifeste fréquemment par différentes attitudes qui peuvent mettre un terme rapide à vos projets. Une bonne intention motivée par la peur finira pas être trop lourde à porter. Quand vous fixez un objectif et que vous n’arrivez pas à atteindre, vérifiez que vous ne soyez pas dans une de ces situations.

  • Vous n’arrivez jamais à finir ce que vous entreprenez

La date est entourée sur votre calendrier, vous effectuez vos premières démarches avec courage et détermination et vous obtenez rapidement du succès. Vous répondez à des petites annonces et vous êtes convoqué à un entretien que vous refusez. Vous surfez sur cette réussite, en vous disant jusqu’à vous en convaincre que c’est facile et que vous pouvez remettre cela à plus tard, car vous êtes certain que vous trouverez toujours mieux. Vous réussissez momentanément à diminuer cette sensation inconfortable qui reste tapie au fond de vous en continuant à rester dans l’illusion de l’action et en continuant à chercher…

Le perfectionnisme, la peur de la sanction ou de l’échec peut vous enfermer dans cette situation, vous ne supportez pas l’effet « irréversible » du résultat que vous pourriez obtenir. Vous restez dans le confort de l’éternel inachèvement, comme si vous aviez le pouvoir de stopper le temps qui passe et restez dans le leurre d’un changement inexistant.

  • Vous hésitez sans pouvoir décider

En théorie sur le papier tout est prévu. Vous avez tout lu sur la question concernant la gestion d’un projet professionnel, vous avez consciencieusement préparé toutes vos actions. Vous continuez à compiler des informations, mais n’arrivez pas à vous décider à en parler. Résumons un peu, votre maillot de bain est neuf, vous avez étudié la résistance du plongeoir, la température de l’eau et avez calculé la densité de la population de nageurs dans la piscine en fonction des horaires. Seulement voilà vous restez bloqué dans le vestiaire ne sachant pas décider s’il est préférable de vous jeter à l’eau ou d’abandonner définitivement avant même d’avoir essayé.

Derrière chaque hésitation se pose la question du choix. Hésiter, c’est douter et si ce temps de réflexion est indispensable à la prise de décision, ne pas aboutir à une action, révèle alors un besoin de sécurité par rapport à la situation, vous pensez sans doute « Ai-je évalué tous les risques ? ». Rester bloqué dans cette situation est l’assurance pour vous de ne pas être confronté à l’échec.

  • Mille et un prétextes pour repousser l’échéance

Vous vous sentez prêt chaque matin, chaque 1er du mois ou à chaque fois que vous éprouvez de la frustration au travail, que ce soit avec les tâches qui vous sont confiées ou avec vos collègues. Seulement voilà  à chaque fois que vous allez entamer une première action, une urgence vient la remettre à plus tard. Les prétextes s’amoncèlent tous plus justifiés les uns que les autres, jusqu’au sabotage final qui finira par vous dire « On verra plus tard… ».

Trouver des excuses est un processus naturel que nous utilisons tous pour éviter d’être confronter à nos dilemmes intérieurs, nous avons besoin de nous prouver que nous avons raison pour nous rassurer. Cela nous évite également d’être confrontés à ce que les autres peuvent percevoir de faux dans nos conduites. Se justifier, c’est se rendre juste à nouveau par rapport à soi et par rapport au regard de l’autre.

  • Vous rejetez systématiquement l’aide que l’on vous propose

Pourfendeur de bons conseils, vous refusez quelquefois de manière brutale, les avis et les coups de pouces de votre entourage.  Dès que vous vous approchez du but fixé, vous trouvez le moyen de vous en éloigner. La fuite l’emporte sur l’engagement. Vous faites tout ce qui est dans votre pouvoir pour que les autres se désintéressent de vous et de vos projets.

Vous rejetez toute idée du changement, car cela vous fait souffrir, en vous éloignant des autres vous vous éloignez de vous-même et de vos émotions.

  • Vous êtes résigné et ne tentez rien

Vous vous sentez rarement à votre place où à la hauteur des situations que vous rencontrez. Vous êtes convaincu de votre incapacité à trouver une solution à votre désir de changement. vous êtes sans cesse en réflexion sans entrevoir la moindre issue possible.

A force de vouloir camoufler les cris de ce puissant « non » intérieur, cela vous épuise et vous préférez abandonnez cette idée en vous accommodant tant bien que mal de cette sensation désagréable qui désormais ne vous quittera plus.

Vous avez toujours le pouvoir d’agir !

En prenant conscience de la situation et en mesurant sur votre échelle émotionnelle à quel stade vous vous trouvez. Avez-vous vraiment besoin ou envie de changer d’emploi, de métier ou simplement de service ?

Vous avez peut-être encore en mémoire une expérience douloureuse qui vous bloque dans une réalité passée ?

Le changement désiré peut se trouver à un autre niveau que celui de votre emploi. Vous aurez alors besoin d’un autre regard sur votre situation, prenez conseil auprès d’un professionnel neutre, extérieur à votre environnement, ne restez pas seul avec vos doutes et vos souffrances.

Votre projet a peut-être simplement besoin de mûrir ou s’enrichir d’informations ?

Commencez par mettre en place une veille d’informations et confrontez votre vision du job rêvé à la réalité des professionnels.

S’engager, c’est prendre une décision et s’y tenir assez longtemps pour savoir si vous souhaitez poursuivre ou abandonner en toutes connaissances de cause.

Accepter d’abandonner un projet irréaliste, ne veut pas dire se résigner, mais  simplement dire que vous avez réussi à dépasser vos peurs, à accepter la situation présente et que vous allez pouvoir enfin vous concentrer sur un autre projet plus adapté en toute sérénité.

Comme disent les chinois « Les bonnes intentions s’enracinent dans la terre pour pouvoir germer » cela veut dire que le processus prend du temps et beaucoup de soin avant d’obtenir les fruits de son labeur. La motivation à changer doit venir d’un désir profond qui n’appartient qu’à vous. Pour cela il vous faudra être précis dans ce que vous voulez et être discipliné pour accomplir chaque action liée à votre projet.

Une dernière astuce, n’hésitez pas à trouver un camarade de jeu pour les jours plus difficiles où vous aurez la sensation de stagner. Il y a bien quelqu’un autour de vous qui bloque avec l’un de ces projets ? L’émulation est souvent une grande source de motivation 😉

A vous de jouer et n’hésitez pas à nous faire partager vos projets,  je reste à votre écoute pour répondre à vos questions 🙂

Un bel exemple d’engagement avec cette femme prix nobel de la paix en 1991 qui fait aujourd’hui partie des « Ainés »

Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. (…) Dans un système qui dénie l’existence des droits humains fondamentaux, la peur tend à faire partie de l’ordre des choses. 

Aung San Suu Kyi  (Extrait du discours Freedom from Fear)

Une autre belle source d’inspiration que je vous invite à voir ou à revoir le dernier discours de Randy Pausch qui s’intitule « Croire en ses rêves d’enfants ».

Petit sourire pour faire fi de vos peurs 😉

Belle semaine à vous 🙂



6 commentaires sur “2012 la fin d’un monde : peur et engagement

  • Prince Josuah

    Page ouverte depuis la mise en ligne de l’article.
    Article lu et relu. Tellement foisonnant de ressources, que je ne sais quoi dire en commentaire, mais je voulais commenter quand même…

    Ne serait-ce que pour te dire merci ?

    Oui, merci, Sandrine. Merci vraiment pour tout ce partage.

    Have a nice week 😉

    • Sandrine Auteur du billet

      Cher Josué,

      Quel bonheur d’ouvrir son blog et de trouver ce message. Un grand merci à toi, ça me touche beaucoup de savoir que ce travail peut-être une ressource utile. Si tu as des questions ou si tu souhaites que je traite un sujet en particulier n’hésite pas à me le faire savoir, je serai toujours là pour qui veut réaliser ses rêves 😉

      Belle semaine à toi 🙂

  • Fernando Carvalho

    Bonjour Sandrine,

    Tu nous offres encore une excellente occasion de réagir. Merci 🙂

    Notre résistance au changement et la peur de l’engagement ne nous poussent pas naturellement vers l’aventure du nouveau Job!

    Et pourtant…Ton article me renvoie quelques années en arrière et me rappelle deux grands changements dans ma vie professionnelle (1980 et 1997). Chacun de ces grands changements s’est opéré comme tu nous l’expliques ici…

    À bientôt!

    Fernando

    • Sandrine Auteur du billet

      Bonjour Fernando,

      Merci pour ton témoignage 🙂

      Tu as raison cette peur de l’engagement, cette fameuse résistance au changement peut se vivre pour un job et dans de nombreux autres domaines de la même façon.

      Personnellement, quand je sens cette émotion me titiller, je me demande « qu’est-ce que j’ai à perdre ? » et cela me suffit souvent à essayer…

      Et dans ton cas qu’est-ce qui t’encourage à oser ?

      Belle journée à toi 🙂
      Sandrine

      • Fernando Carvalho

        Bonjour Sandrine,

        Enfin, je retrouve un peu de disponibilité pour répondre à ta question.

        Les deux grands changements dans ma vie professionnelle ont été animés par une même motivation : une forte envie d’évolution et de réussite.

        La première fois, je n’avais rien à perdre. Et pour cause, je n’avais rien acquis…!

        La seconde fois, c’était l’inverse. Il y avait un risque élevé mais l’opportunité était tout aussi importante, voire plus! J’avais donc beaucoup à gagner!

        De l’avis de ceux qui m’entourent, le bilan est très positif. Et c’est vrai que je suis assez fier de mes choix.

        Il y aurait encore tellement à dire sur ce sujet…

        Excellent Week-End, Sandrine et au plaisir d’échanger!

        Fernando

        • Sandrine Auteur du billet

          Bonjour Fernando,

          Merci pour ton retour, le « rien à perdre et le tout à gagner » sont effectivement des moteurs forts pour faire progresser sa carrière professionnelle. Avec la caractéristique que dans les deux cas, il est nécessaire d’oser et de se mettre en action, ce qui n’est pas si simple. Bravo pour ton courage et pour ta réussite dans les 2 cas 🙂 et au plaisir d’échanger sur tes belles expériences quand tu le souhaiteras.

          Belle journée 🙂
          Sandrine

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